BOURGOGNE DOMAINE DENIS MORTET CHARDONNAY - 2009
Toutes les parcelles qui entrent dans la composition de ce vin sont situées à Daix, village natal de la famille Mortet situé au nord-ouest de Dijon. Les vignes se trouvent à 400 mètres d’altitude. La roche-mère est quasi affleurante, les terres sont brunes et très calcaires.
BOURGOGNE - AOC BOURGOGNE - BLANC
CLIMATS : Toutes les parcelles qui entrent dans la composition de ce vin sont situées à Daix, village natal de la famille Mortet situé au nord-ouest de Dijon. Les vignes se trouvent à 400 mètres d’altitude. La roche-mère est quasi affleurante, les terres sont brunes et très calcaires.
STYLE : Le style enlevé et minéral de ce vin s’explique par l’altitude élevée des parcelles entrant dans la composition de cette cuvée. C’est un vin facile à boire, aux arômes de tisane et de fruits blancs. Prêt à boire dans sa jeunesse.
Respecter la terre : Denis aimait la nature. En 1996, il bannit les désherbants et les engrais chimiques. Il privilégie les labours et les amendements organiques en broyant sur place les sarments de taille. En toute logique familiale, Arnaud pousse encore plus loin les soins apportés à la vigne. Sans esprit partisan, il opte pour une viticulture largement inspirée du bio, la plus proche selon lui de la nature. Arnaud veut que ses vignes respirent, que la terre soit souple et habitée par une faune et une flore protectrices. Il veut que ses raisins mûrissent en restant fermes et frais. Il fait donc à sa manière : taille classique en guyot simple, labours des sols mécanique et à cheval. Initiées par Denis en 1994, les techniques de rognage et de palissage occupent une place particulière. Les tracteurs légers ont été surélevés pour augmenter la hauteur de palissage à 1,45 mètre. L’été, une équipe de 15 personnes passe et repasse dans les vignes pour rogner, labourer et piocher. La vendange verte est ajustée pour chaque cep en fonction de son potentiel. Au moment de la récolte, Arnaud passe dans toutes ses vignes. Il prélève, analyse et surtout il goûte. Si le raisin est noir sans être flétri, les tanins craquants, la peau ferme, la pulpe fraîche et fruitée, alors il tient un vrai pinot noir !
Une sensibilité : Denis était sans cesse en éveil, les sens à fleur de peau. Il nourrissait ses vignes et elles le nourrissaient. Les fondations du style incomparable des vins du domaine sont là : observer, écouter, sentir, goûter, toucher. Denis ressentait le vin avant même de le penser. L’émotion l’emportait sur les mots, l’intuition sur la raison. Le vin ne se limitait jamais au seul produit mais à tout ce qui l’accompagnait ou le mettait en valeur : une anecdote à la vigne, une rencontre, un moment particulier, un état d’âme. Rien n’a changé aujourd’hui. Les saveurs du vin se confondent toujours avec celles de la vie. Le goût du vin reste une quête de sens autant que des sens.
Vinifier en douceur : Respect des sols et de la vigne, maturité très surveillée des grappes, tapis roulants faits sur mesure pour un triple tri des raisins à réception de la vendange. Pour Arnaud, gommer ensuite ce travail de haute-couture et masquer l’identité de chaque climat serait pur sacrilège. Il préfère parler d’infusion plutôt que d’extraction. En 2008, grâce à un égrappoir spécialement conçu pour le domaine, il a vinifié pour la première fois en baies entières tout en égrappant à 100 % ! À la fin des fermentations alcooliques, il restait des grains entiers qu’il a mangés comme des cerises à l’eau-de-vie. Comment ne pas faire des vins fruités avec une telle matière ? Remontages fréquents mais peu de pigeages : en 2000, Denis avait freiné sur cette pratique pour affiner le style de ses vins. Arnaud a continué dans cette voie-là.
Élever avec patience : Pour tous les vins, Denis avait opté pour un élevage en fûts 100 % bois neuf. Depuis 2006, Arnaud fait des essais avec des fûts d’un vin pour les villages. La durée de l’élevage reste la même, 18 mois. Les vins reposent sur lies fines, avec un seul soutirage un mois avant la mise en bouteille. Tous les vins sont également placés un mois avant la mise en petites cuves inox : le fruité est explosif et frais, les tanins sont très ronds. Les fixin et les marsannay sont quasiment prêts à boire sans altération de leur potentiel de garde. Le domaine a toujours travaillé avec un seul tonnelier, François Frères.
La Bourgogne est la plus emblématique région viticole française avec seulement 5 % de la superficie viticole. Son histoire s’est pliée à la géographie. Tournée vers les quatre versants français, elle est à la fois plaine et montagne, vallée et plateau, terre primitive et moderne, carrefour de routes, de voies d’eau ou de terre. Très tôt, les hommes ont fait de la Bourgogne une liaison entre Nord et Midi, entre Loire et Meuse, entre Rhône et Seine, entre monde romain et monde barbare, entre France d’oc et France d’oil. Seule région française où les ducs furent des rois, patrie de Rameau, de Bossuet, de Lamartine et de Saint-Bernard, la Bourgogne est un pays à elle-seule.
La Côte de Nuits : On l’appelait autrefois « la grande Côte ». Elle s’étend du sud de Dijon au sud de Nuits Saint-Georges : 60 kilomètres de longueur sur 650 mètres de largeur moyenne. Le coteau, orienté sud-est et parfois pentu, ressemble à une mosaïque rythmée par la géométrie des parcelles et des clos et ponctuée par les villages aux maisons de pierre. On y trouve la plupart des grands crus rouges de Bourgogne et très peu de vins blancs.
Gevrey-Chambertin : Le vignoble forme une large bande qui s’étire des portes de Dijon à Nuits Saint-Georges. Adossé à la Combe de Lavaux, la plus alpine de la Côte de Nuits, le village porta le nom de Gevrey-en-Montagne jusqu’en 1847, date à laquelle il devint Gevrey-Chambertin par une Ordonnance Royale et un trait d’union. Gevrey-Chambertin fut la première des communes bourguignonnes à unir son nom à celui de son terroir le plus prestigieux. Les premières traces de vignes remontent à l’an 630 avec le plus ancien clos bourguignon créé par les moines de l’abbaye de Bèze, le « Clos de Bèze » qui n’a jamais changé de nom depuis. En haut du village, les tours carrées du château du Xe siècle sont intactes. Construit par les sires de Vergy, ceux-ci le donnèrent aux moines de Cluny.
Le climat « La Combe au Moine » atteste de leur présence. Gevrey-Chambertin reste historiquement le tout premier des vignobles de Bourgogne : le plus grand avec 434 hectares de vignes en production, le plus titré en Grands Crus (9 sur 23) et en Premiers Crus (26 climats classés). Il ne produit que du vin rouge exclusivement issu du cépage pinot noir.
Les climats : En Bourgogne, le terroir signe les vins et non la marque ou la propriété. Chaque cru correspond à un lieu-dit appelé « climat », réputé pour l’originalité des vins qu’il donne. Les climats sont divisés en parcelles délimitées par un mur ou un chemin. Ces entités naturelles sont à l’origine des noms de climats : « Perrières » vient de pierres, « Charmes » de friches. À Gevrey-Chambertin, on trouve plus de 100 climats ! (9 en Grand Cru, 27 en Premier Cru, 69 en appellation Village et 10 en appellation régionale Bourgogne). Chaque climat est unique : sols plus ou moins profonds, caillouteux ou drainants ; pentes plus ou moins douces ; expositions variables ; courants d’air.
Patrimoine : Charles Mortet crée son domaine en 1956 avec un seul hectare de vignes. Fidèle à la tradition bourguignonne, il vend l’essentiel de sa production au négoce. En 1978, Denis rejoint son père avec Laurence, son épouse. Il a 22 ans et elle 20 ans. Fille d’agriculteurs, elle travaille rapidement à la vigne et y prend goût. Denis développe peu à peu la commercialisation en bouteille. En 1993, il prend la succession de son père et crée le Domaine Denis Mortet. Constitué à l’époque de 4,5 hectares - sur les communes de Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny et Vougeot - le domaine s’agrandit régulièrement. En 1993, reprise à Gevrey-Chambertin des parcelles de Premier Cru Lavaux Saint-Jacques, En Motrot, Au Vellé, En Champs, ainsi que La Côte des Longeroies à Marsannay. En 1997, acquisition du lieu-dit La Combe du Dessus. En 1999, acquisition de la parcelle Chambertin Grand Cru. En 2000, acquisition des parcelles de Premier Cru et du lieu-dit En Derée. Actuellement, le domaine compte 11,2 hectares. En 2000, Arnaud rejoint son père. Depuis 2005, il dirige le domaine avec sa mère Laurence.
Transmission : Chez les Mortet, signe qui ne trompe pas, les hommes ont toujours préféré le chemin des vignes au chemin de l’école. La vigne, c’est pour eux la complicité avec la nature, la fidélité au travail des ancêtres, aux racines familiales, c’est le respect total du raisin, cette matière brute sans laquelle il ne peut y avoir de grand vin. À quoi bon des études savantes quand tous, du grand-père Charles au petit-fils Arnaud, possédent ce goût inné de la terre et ce sens de l’observation d’un paysage, quand tous sont sensibles au parfum d’une plante et au bourdonnement d’un insecte ? Oui, c’est bien de cela qu’il s’agit, de leur cœur qui bat pour ce trésor accumulé au fil des générations : des vignes vivantes.
Source : Domaine Denis Mortet