CHAMBERTIN GRAND CRU DOMAINE TRAPET PERE & FILS (MAGNUM) - 2006

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Chambertin !... Son nom est d une prestigieuse évocation. Le lieu est un des plus nobles qui soit. Cette noblesse, active et vivante renouvelle chaque été au soleil, le miracle de la nature"

BOURGOGNE - COTE DE NUITS - ROUGE - GRAND CRU
Le Chambertin "Royal" "Chambertin !... Son nom est d une prestigieuse évocation. Le lieu est un des plus nobles qui soit. Cette noblesse, active et vivante renouvelle chaque été au soleil, le miracle de la nature" Gaston Roupnel. Ce miracle de la nature, pressenti par Arthur Trapet un beau matin de mai 1919, lorsqu il décida d acheter sa première parcelle de Chambertin, nous tenons à en être dignes. Jours après jours, saisons après saisons, nous oeuvrons pour faire vivre ce royal terroir. Ce finage assure, d ailleurs le plus long règne de l histoire. Sa première évocation date de 630, où le Duc Amalgaire donne aux religieux de l abbaye de Bèze son vignoble d élite. Un peu plus tard, en 1219, l abbaye de Bèze située au nord-est de Dijon cède son domaine au chapitre de la cathédrale St Mammès de Langres. C est à cette époque qu apparait la mention de "boschus de campo Bertuyn", bois de Chambertin voisin immédiat du Clos de Béze. Il s agit alors d un champ possédé par un certain Bertin. Au cours des siècles qui suivront, de nombreux propriétaires façonneront cette merveilleuse terre. "Les hommes changent mais la terre reste". Cette somptueuse terre où coule le sang bleu du Pinot Noir, est d une composition géologique complexe. Le bas est marno-calcaire avec de superbes argiles à grande surface interne. La partie haute est beaucoup plus blanche et marneuse, ce qui a pour conséquence de ralentir le cycle végétatif et de conférer à ce vin joyau, un équilibre royal et rare ! Ce vin de Chambertin ouvre un univers infini, illimité, insaisissable, l un des plus riches qui soit ! Accompagner une vigne pour qu elle donne la meilleure expression de son lieu et de son temps, est toujours pour le vigneron, un exercice passionnant et exaltant... aborder ce millésime 2007 fut néanmoins des plus longs et des plus exigeants, tant son parcours fut bouleversé, fracturé et chaotique... Aujourd hui, loin du questionnement de l été 2007, nous sommes heureux de contempler ces vins dont la générosité et la grâce immédiate nous enivrent... Nos travaux à la fin des vendanges 2006, vont bon train. L automne nous gratifie de records de températures, l hiver qui enveloppe les idées, les êtres et les choses va-t-il enfin se montrer plus présent, plus incisif? N est-il pas insolite de tailler et de sarmenter, en chemise! Il nous faudra attendre un peu cet hiver et ce ne sera qu au mois de juillet que nous mettrons un gilet ! 2006 Septembre fait le vin ! Charme et élégance Si le sublime nous touche, le beau nous charme 1. Oui vraiment ce millésime si capricieux à sa naissance, nous charme et nous séduit aujourd’hui. Après un millésime 2005, à l ‘ordonnancement classique et flamboyant, 2006 all ait décidément nous réserver bien des fantaisies. Fantaisies, dont la plupart des vignerons se serait bien passé. Une fois de plus, notre geste bio-dynamique, nous a puissamment aidé dans l ‘accompagnement de ce millésime étonnant, au charme aujourd’hui manifeste.. A peine le temps de se remettre de l’émerveillement de 2005,qu’il nous faut reprendre nos quartiers d’hiver. La taille est au programme. Nos travaux sont souvent contrariés par des épisodes neigeux importants. Le froid vif est sans cesse au rendez-vous. Le mois de mars nous honore même d’un manteau neigeux bien inhabituel. Heureusement, dans cette nature, qui enveloppe les choses, les êtres et les esprits, nos énergiques vignerons, savent apprécier le réconfort des «brûlots». Cette froidure dure jusqu’à la mi-mars, date à laquelle nous terminons la taille. Le souffle du printemps est à peine perceptible. Les précipitations nombreuses facilitent l’attachage des baguettes. Cet ouvrage, véritable signature de la vigneronne, revêt, une importance capitale. Ce geste créateur, garant de l’orientation de la vigne, exige les mains habiles et expertes des courageuses «layottes». Cependant, ce temps maussade n’est pas au goût de tout le monde, il perturbe le travail de reprise des sols. Le laboureur doit souvent remettre son ouvrage à des jours meilleurs, pour ne pas risquer de «lisser» la terre et perdre les bénéfices des soins prodigués aux sols (couplés aux bienfaits des préparats 500). Le beau temps nous réapparaît enfin le 26 mars. Les températures atteignent des valeurs records, le thermomètre de la cour au domaine atteint 32°C. Ce renversement de situation excite les impétueux bourgeons, le débourement s’enclenche alors rapidement. La vigne a complètement rattrapé son retard sur 2005. Le mois de Juin est exceptionnel! Sans atteindre les records de 1976, on s’en approche, avec des caractéristiques assez similaires, peu d’eau (-70% /normale), des températures moyennes qui s’élèvent à 23°C (normales:17.3°C) et surtout un ensoleillement record (+35% /normale). Dans ces conditions, la fleur si discrète, s’enclenche brusquement. Ce qui nous frappe alors, c’est l’extrême célérité de la nouaison. Les grappes sont formées bien avant la Saint Jean. Les stades se suivent à un rythme effréné, nous obligeant à décupler nos forces. Les maladies se font rares mais la vigilance reste de mise. Les conditions sont idéales, les records d’ensoleillement sont atteints (du jamais vu depuis 1921, date de la création de la station météorologique de Dijon) Tout semble alors idyllique… nous étions sans doute dans l’oeil du cyclone. Le jeudi 27 juillet à 16 heures, un événement aussi brutal que cruel vient anéantir nos beaux espoirs: des grêlons poussés par un vent violent s’abattent sur Gevrey! Angoissés, nous nous rendons au chevet de nos blessées. La partie haute des «Chapelle» est manifestement la plus touchée. La décision d’entreprendre un sauvetage est irrépressible. Aussi, nous décidons d’intervenir rapidement. Le lendemain matin dès 9 heures, nos vignerons équipés de pulvérisateurs portatifs tentent de panser les plaies ouvertes. Le talc de Luzenac complémenté d’Arnica Montana , de Millepertuis et de Valériane, nous est d’un grand secours. Une silice de corne est passée la semaine suivante. Toutes les pistes sont explorées pour aider nos petites victimes. Cet acharnement, sans doute salutaire, nous redonnera aussi la confiance, l’espoir et la sérénité nécessaire à la compréhension de ce millésime si particulier. Septembre fait le vin! Le temps du mois d’août, contraste énormément avec celui de Juillet, les averses sont nombreuses. Qu’a cela ne tienne, notre moral est à peine émoussé, on en a vu d’autres clament les anciens! Après la pluie le beau temps! Les nuages finissent par disparaître, et de superbes conditions anticycloniques à partir du 23 août nous redonnent foi en ce millésime. Conscient de l ‘importance primordiale du tri, nous concevons rapidement, avec l’aide d’un constructeur local, un système de sélection des grains secs à la sortie de l’erafloir. Aussi inespérée que salvatrice, cette arrière-saison bourguignonne, si propice à la maturation tardive et lente du pinot noir s’installe durablement jusqu’aux vendanges. Le samedi 23 septembre, les premiers raisins arrivent à la cuverie. Certes, ils sont mûrs, mais ils demandent une sélection méticuleuse et drastique. De ce tri draconien, sortiront des moûts à la franchise de goût et à l’expression aromatique très fine et charmeuse. Nul ne pouvait imaginer une telle promesse! En définitive, cette Chapelle, si capricieuse, si éprouvante en 2006, nous aura construit, elle nous aura montré la voie de la sérénité et de l’espérance. Le charme aussi peut nous toucher! Source Domaine Trapet.