CHRISTOPHE PERROT-MINOT

Lorsqu’il reprend le domaine en 1993, à 26 ans, il n’a personne pour le guider et doit apprendre seul. Tant bien que mal, il sort un millésime chaque année. À partir de 2000, il se remet en question et essaie de faire des vins moins concentrés. En 2006, il accélère le processus. Mais, anxieux et très, voire trop appliqué, il n’arrive pas encore à faire totalement confiance à ses raisins. Il faut attendre 2014 pour sentir dans ses vins cette envie d’être plus vrai, sans perdre en sophistication, à l’instar de ce vigneron qui a débuté comme… styliste de mode. Il n’y a pas de hasard.

Mazoyères-chambertin 2014
Avec ce millésime, Christophe Perrot-Minot semble avoir franchi un palier en termes d’équilibre et d’harmonie. Tout d’abord, 2014 est un très beau millésime. Mais surtout, ici, le vin se montre fin, aérien, tout en gardant une belle empreinte dans son sol. Le nez est parsemé de fruit et de végétal noble. On a l’impression de traverser une épaisse couche de terre, d’où cette douceur d’attaque avant que le minéral lui confère cet appui en finale. L’élégance reste l’atout majeur de ce mazoyères-chambertin.

Mazoyères-chambertin 2013
Ce millésime 2013 n’a pas l’éclat du 2014, et le nez se montre plus sanguin. La bouche a pris quelques courbes, elle se montre plus pulpeuse. On a de la chair et du volume, tout en restant soyeux. Ici, Christophe Perrot-Minot se montre plus comme un élève appliqué avec un beau raisin, de jolis équilibres. Si le vin est de belle facture, il lui manque ce petit grain de folie que l’on trouve dans les derniers millésimes.

Mazoyères-chambertin 2012
Ne passez pas à côté de ce magnifique millésime. Mais oubliez-le en cave, car il offre une perception d’une matière dense, comme si la roche mère s’affirmait avec plus d’aplomb. Cette cuvée a été vinifiée en grappes entières. À mesure que le vin s’aère, il se détend, car sa masse serrée libère un fruit qui s’épure. Il faudra le revoir dans vingt ans pour les plus sages… ou dans dix ans pour les plus impatients.

Mazoyères-chambertin 2011
Le parfum de ce mazoyères-chambertin accuse une certaine évolution, même s’il garde une touche florale, voire d’orange sanguine. L’élevage épouse le fruit avec délicatesse. La bouche est soyeuse et confortable. Il paraît plus chaud que le chapelle-chambertin. Tout en rondeur, il affiche une texture soyeuse que Christophe Perrot-Minot compare à du taffetas. Comme pour les autres millésimes, il se détend à l’air.

Mazoyères-chambertin 2016
Nous dégustons ce vin après le 2011. Il contraste, car la fermentation malolactique débute tout juste et le vin libère un parfum qui évoque le cacao. Dotée d’un fruit d’une belle richesse, la bouche s’affirme aussi par la finesse de son grain. Il n’y aura que 30 % de fûts neufs pour cette cuvée qui livre un jus savoureux et aérien. Un très grand vin dans un millésime fort prometteur.

Mazoyères-chambertin 2015
Nez somptueux d’une grande noblesse d’arômes. Malgré la richesse du millésime, on perçoit de suite son élégance. Jeune, on ressent la puissance de Mazoyères-Chambertin, c’est un vin qui a du tempérament. Il sort tout juste de mise en bouteilles, d’où ce fruit à ce stade très légèrement replié sur lui-même. Un cru qui s’inscrit dans le renouveau du style des vins de Christophe Perrot-Minot.

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